Nulla Dies Sine Musica

Nulla Dies Sine Musica

Du Cor baroque au Cor classique

 

 

   Tout comme la trompette naturelle, il est plausible de dire que les premiers cors furent réalisés à partir de tuyaux coniques naturels, comme les cornes d'animaux ou encore de coquillages. Ceux qui étaient en ivoire s'appelaient «olifants» ou encore trompes de chevalier. Cependant la corne d'animal est vite remplacée par des tubes fabriqués par l'homme. Par exemple, les Indiens fabriquaient aussi des trompes droites en bois. Les premiers matériaux vont être petit à petit abandonnés, pour être remplacés par du métal. Il sera alors possible de lui donner sa forme enroulée tout comme pour la trompette à partir du XV par l'utilisation du plomb.

En 1636, le moine Marin Mersenne décrit un cor enroulé en 7 spirales qui permet de jouer autant de notes que la trompette, soit grosso modo seize notes. Le cor, comme la trompette (cf page sur cet instrument) a d'abord été conçu pour effectuer la transmission des signaux d'avertissement codés, communiquer des messages, ou encore à des fins religieuses.

 2013-10-25 15.03.21.jpg(Cor de "Crétien" 1643-1715 Musée de la Cité de la musique, photo auteur)

 

  Sous LOUIS XIV : les chasseurs-musiciens de Versailles, acquièrent une grande renommée dans toute l'Europe. De nouveaux cors, les CORS DE CHASSE A COURRE qui allaient se tailler une grande réputation, ainsi que des instruments plus petits, les Cors et Trompes de chasse, enroulés entre 2 et 3 fois et demie sur eux-mêmes, leurs permettaient d'émettre les partiels du 2e au 12e, voire jusqu'au 16e. Les CORS les plus grands sont originaires de France durant la période 1650-1680. Ces instruments sortent des ateliers parisiens des maîtres facteurs CRETIEN et RAOUX. Parmi le vaste choix de fanfares composées, se démarque le Recueil de fanfares du marquis de DAMPIERRE. Le Cor de chasse à courre à 1 volute, possède un diamètre tel que même un chasseur peut facilement le porter en bandoulière sur l'épaule gauche.

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 (trompe de "Lebrun" 1729, musée de la chasse de Senlis, photo auteur)

 

   Vers 1700 : les compositeurs, demandant de temps à autres des Cors dans leurs compositions, on fabrique des modèles plus petits que le Cor de chasse à courre. Ce dernier est peu pratique à l'orchestre à cause de son diamètre considérable. Le maître facteur de Nuremberg Friedrich STEINMETZ, parvient à réduire les dimensions de l'instrument de forme circulaire. Enroulé désormais 2,5 fois sur lui-même, il fait la moitié du diamètre du Cor de chasse à courre. Simultanément, sa forme devient plus conique, terminée par un pavillon bien plus évasé. L'embouchure acquiert sa forme caractéristique en entonnoir et le timbre, son caractère chaud, rond et sombre.

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   A partir de 1703 : apparition des tons de rechange placés sur la branche d'embouchure : Michael LEICHAMBSCHNEIDER, invente une nouvelle technique, par l'utilisation de tubes additionnels amovibles, appelés «Corps de rechange », ou « TONS DE RECHANGE » (en anglais “CROOKS”). Fixés sur l'embouchure, ils permettent d'allonger la longueur du tube, donc de changer l'accord de l'instrument. Les cornistes peuvent désormais jouer d'autres notes que celles des harmoniques naturels auxquelles les condamnait sa dimension fixe. Par ce procédé, le COR SIMPLE devient le COR D'HARMONIE. Cependant l'astuce ne résout pas le problème de la discontinuité  des échelles de sons, qui demeurent incomplètes, sans compter la difficulté à changer de ton dans le courant d'un morceau.

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 (Deux cors classiques "Guichard" collection Guy Estimbre)

 

   Entre 1750-1760 : Anton-Josef HAMPEL, corniste à Dresde invente la technique de jeu par bouchage du pavillon : la main dans le pavillon abaisse d'un demi-ton la hauteur de la note. Bien que la qualité des sons bouchés diffère des sons naturels, cette technique permet d'accroître les possibilités mélodiques du cor. Elle se développe surtout, avec un temps de retard, d'acceptation et d'adaptation chez les compositeurs, à partir de la fin du 18e et du début du 19e siècle. Parmi les virtuoses, notons le tchèque et élève de HAMPEL, Johann Wenzel STICH-PUNTO. Les compositeurs pré-classiques, classiques (HAYDN- MOZART-BEETHOVEN) et même romantiques (19e siècle) surent parfaitement tirer parti de cette possibilité.

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(cor classique de "Gautrot ainé ancien", collection Guy Estimbre, photo auteur)

 

   Entre 1750-1755 : naissance du COR D'INVENTION. HAMPEL propose au facteur dresdois Johann WERNER de modifier la disposition des tons de rechange : désormais, on peut les insérer au milieu du tube de l'instrument. Avec ce procédé le Cor est dénommé INVENTIONSHORN (« Cor d'invention»ou "Cor Solo"). A la même époque, le corniste HALTENHOF adjoint un tube coulissant appelé POMPE D'ACCORD (ou «coulisse d'accord»), permettant d'accorder l'instrument.


   Années 1780: Il n'y a plus en Europe un seul orchestre de niveau qui ne comporte au moins 2 cornistes titulaires. Désormais, on ne tient plus le pavillon du cor en l'air comme le faisaient les chasseurs jouant en fanfare dans les forêts mais le pavillon vers le bas à droite.

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17/03/2011
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